Polémique allemande

Un document récemment mis au jour à Magdebourg relance la polémique sur les ordres écrits qui étaient donnés aux soldats est-allemands pour qu’ils tirent sur les personnes tentant de passer à l’Ouest.

Le document, rédigé en octobre 1973, détaille un ordre adressé aux agents de la Stasi (« Staatsicherheit » police secrète) infiltrés dans les unités de gardes- frontières pour aider à empêcher que des soldats ne passent à l’Ouest. L’ordre stipule: « N’hésitez pas à faire usage de votre arme, même si la violation de la frontière concerne des femmes et des enfants, ce qui est une stratégie souvent utilisée par les traîtres ».

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Marianne Birthler, qui dirige le Centre des archives de la Stasi  à Berlin, a déclaré qu’avec la découverte de ce document, il serait plus difficile, pour les anciens dirigeants communistes est-allemands, de contester le fait qu’ils sont responsables de la mort des personnes abattues au cours de leurs tentatives de fuite. Selon elle, « l’ordre en question est le plus explicite et le plus clair dont nous ayons connaissance, et il est sans restriction ».

Cet ordre pourrait être interprété comme une incitation au meurtre, a déclaré le directeur d’une organisation représentant les victimes de la Stasi, Hubertus Knabe. Il a demandé aux procureurs fédéraux allemands d’ouvrir une enquête à ce sujet.

Les procès d’anciens gardes-frontières ayant tiré sur des candidats à la fuite et les responsables qui avaient décidé la politique du « tirer pour tuer » ont suscité de grosses polémiques depuis l’unification allemande en 1990. Bon nombre d’accusés font valoir que leurs actes, à l’époque, ne constituaient pas des délits au regard du droit est-allemand et ils accusent les tribunaux actuels de pratiquer la « justice des vainqueurs ». Le dernier dirigeant communiste de la RDA, Egon Krenz, a été condamné en 1997 à une peine de six ans et demi de prison pour la mort de quatre personnes tuées par des gardes-frontières le long du mur de Berlin dans les années 1980.

Le nombre total de personnes tuées en tentant de franchir le Rideau de fer ou le mur de Berlin reste flou. Selon la justice berlinoise, 270 personnes sont mortes sous les tirs ou à cause de l’explosion de mines frontalières, jusqu’en 1989. Une autre étude, réalisée par le gouvernement allemand en 2000, évaluait leur nombre à 421, les plus pessimistes vont
jusqu’à 1.000 morts.

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