Les vestiges du Mormont (Suisse)

Le Mormont est une colline calcaire proche des villages vaudois d’Eclépens et La Sarraz, entre Yverdon-les-Bains et Lausanne. Le Mormont est progressivement rongé par la carrière de ciment Holcim SA. Afin de continuer l’exploitation de la colline, des sondages ont été réalisés en 2006 par l’entreprise Archéodunum SA, sous la direction du Service archéologique du canton de Vaud. Les archéologues y ont localisés un chemin antique, mais rien ne leur avait paru avoir de l’importance, jusqu’au moment où, l’humus ayant été enlevé pour permettre d’attaquer la roche, on découvrit des fosses sacrifi­cielles. Deux à trois ans auraient été nécessaires pour fouiller correctement le site, mais l’intervention fut limitée à ce que l’on appelle une « fouille de sauvetage » de quelques mois.

Les scienfitiques découvrirent un ensemble de 260 fosses coniques creusées entre 120 et 80 avant notre ère dans l’humus contenant des squelettes en position repliée, des crânes isolés représentant probablement des trophées guerriers, des animaux (surtout bœufs et chevaux), des dizaines de vases en céramique, des monnaies celtiques et romaines, des récipients en bronze, des bijoux (fibules en bronze, perles en verre), des outils en fer, des scories métalliques, et de nombreuses meules en pierre.

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Sur place, il ne reste désormais plus grand chose. «Nous avons démonté le site en le documentant», explique Denis Weidman, archéologue cantonal vaudois. Les objets ont été sauvegardés. Ils seront répertoriés, étudiés puis conservés au Musée cantonal d’archéologie, à Lausanne. L’étude de cette collection va sans doute renouveler les connaissances sur les Helvètes.

Un article paru dans la revue Archéologie suisse, écrit par Gilbert Kaenel, directeur du Musée cantonal d’archéologie et d’histoire de Lausanne, et Denis Weidmann montre l’ intérêt de ce sanctuaire sur le Mormont, tout en offrant l’occasion d’interrogations préoccupantes sur les circonstances et les suites de la découverte. «Il s’agit du premier sanctuaire aussi riche et aussi concentré découvert en Suisse. Il nous apprendra beaucoup sur les rites et la vie quotidienne des populations d’ici», affirme Denis Weidmann.
Il est dommage que cet article n’a pas réveillé la communauté scientifique et les pouvoirs politiques pour sauver le site.

 

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