La mort de Napoléon

Presque deux siècles après sa mort, le 5 mai 1821, le décès de Napoléon Bonaparte fait encore couler de l’encre et de nombreuses enquêtes sont faite. L’étude parue récemment a été réalisée par des pathologistes américains, suisses et canadiens, qui ont réexaminé toutes les pièces historiques en se servant de la médecine moderne. 

La thèse la plus connue est sans doute l’histoire du complot et de l’em­poisonnement à l’arsenic, dont les ru­meurs dévutèrent dès la mort de l’Empereur. En 1961 après l’examen d’une mèche de cheveux, on releva un taux d’arsenic assez élevé, qui agrémenta les rumeurs. Aussitôt, on chercha un meurtrier, et on accusa Charles de Montholon. Ses mobiles auraient été la jalousie (pour venger la vertu de la femme), la cupidité (il avait des dettes), et la politique (on l’accuse d’avoir agi pour le compte des monarchistes). Mais il ne faut pas oublier qu’il se sacrifia pour le prince Louis Napoléon.

La nouvelle étude montre que l’empereur est mort, à 51 ans, d’un cancer de l’estomac en phase terminale, causé par un ulcère d’origine bactérienne, causé par l’helicobacter pylori. Les chercheurs ont examinés le rapport d’autopsie de 1821, celui de 1840, réalisé avant que la Belle-Poule ne ramène sa dépouille en France pour qu’elle soit placée aux Invalides, les mémoires des médecins et de la famille. Le rapport d’autopsie montrent qu’il n’y avait aucun signe d’un empoisonnement à l’arsenic. Quant aux analyses effectuées sur les cheveux de Napoléon, des études montrent qu’il n’a pas été ingéré, mais vient peut être e la tapisserie ou du vin (les tonneaux étaient lavés à l’arsenic). A lépoque, certains médecins concluent déjà à un cancer gastrique et si l’on regarde du côté des antécédents familiaux, le père de Napoléon serait mort d’un même cancer de l’estomac. Grâce aux rapports des médecins, dans lesquels ils décrivent minutieusement les lésions de l’estomac, les chercheurs ont pu les dessiner et les comparer à des images modernes de 50 ulcères bénins et de 50 cancers gastriques. La reconstitution montre que les lésions de Napoléon n’étaient pas bénignes mais bien cancé­reuses.  Ils vont même jusqu’à affrimer que si un tel cas clinique se présentait aujourd’hui, le pronostic médical serait très ­ré­servé et les chances de survie minimes. En effet, seuls 20 % des pa­tients dans le même cas, traités par les techniques modernes, ne survivent que cinq ans. 

D’autres éléments confirment cette thèse. Les symptômes de ce type de cancer sont des douleurs dans la partie haute, et médiane du ventre, un amaigrissement, une anémie, des vomissements et des traces de sang. Or, il a été démontré ré­cem­ment que Napoléon avait perdu une dizaine de kilos les six derniers mois de sa vie, et Napoléon est très souvent représenté le bras sur le ventre à cause de douleur à l’estomac. De plus, Napoléon était souvent en campagne, et son alimentation était alors riche en aliments saumurés et pauvre en fruits et légumes, qui protègent du cancer.

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2 Réponses à “La mort de Napoléon”

  1. Eva dit :

    Oui comme tu dis, l’a these du complot et de l’emposonnement est la plus connue.
    Il y a 1 mois ou 2, je suis tombé sur une émission historique qui chercher la cause de la mort de Napoléon et c’est là que j’ai entendu parler du possible cancer de l’estomac.
    Mais malgré toutes ces hypoteses et ces recherches, est-ce qu’on connaitra la verité?

  2. GOLDCHER dit :

    Bonjour,
    J’ai fait près de 30 ans de recherche sur la mort de Napoléon à Sainte-Hélène, en comparant les différents rapports d’autopsie français et anglais ainsi que les différents couriers des témoins de l’autopsie: à l’évidence Napoléon est mort d’exsanguination liée à plusieurs ulcères gastriques qui ont saigné pendant plus de 3 ans. La perte de 40% du volume total de sang entraîne la mort. Il n’y a aucun signe objectif de cancer (pas de tumeur visible, pas de ganglion inflammatoire, pas de perforation active, pas de métastase) au plus un des ulcères en voie de cancérisation ce qui ne tue personne!
    A Goldcher « Napoléon Ier. L’ultime autopsie »; éditions SPM 2012

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